Moon…

Il y a quelques jours, Moon est partie rejoindre les étoiles…
Depuis quelque temps, elle y était déjà un peu, à temps partiel.

Elle a choisi de partir juste avant la pleine lune bleue et la fête des mamans.
Je lui reconnais bien ce panache.

Nous allons accompagner son corps défunt et célébrer ce moment de reliance. Plus que jamais, je ressens à quel point ce passage nous invite à prendre soin des liens, à mieux les comprendre, et à les honorer à partir de l’énergie de l’Amour.

C’est un moment pour célébrer la famille de façon fractale : au niveau intime, dans la famille proche et aussi dans cette grande famille humaine à laquelle nous appartenons toutes et tous.

Moon ne laissait pas indifférent. Elle cherissait les petits moments de la Vie. « Small is beautifull. »
Elle a accueilli cinq enfants, douze petits enfants et quatre arrière-petits-enfants.
Une grande famille. Une grande traversée.

Papa est parti en 2000. Moon part maintenant.
On pourrait croire que je deviens orphelin. Mais ce n’est pas ce que je ressens.

Ils sont simplement dans la pièce d’à côté.

Aujourd’hui, je reprends la version originale d’un texte qui avait été lu lors du départ de Papa. En 2000, je croyais qu’il s’agissait d’un poème de Charles Péguy. En 2026, je sais qu’il s’agit de La mort n’est rien du tout, d’après Death is Nothing at All, de Henry Scott Holland.

Le voici.

La mort n’est rien du tout.
Elle ne compte pas.
Je me suis seulement éclipsé dans la pièce d’à côté.
Rien n’est arrivé.

Tout demeure exactement comme avant.
Je suis moi, et vous êtes vous,
et l’ancienne vie que nous avons vécue ensemble avec tant d’affection
reste intacte, inchangée.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
nous le sommes toujours.

Appelez-moi par l’ancien nom familier.
Parlez de moi avec cette simplicité que vous avez toujours eue.
Ne mettez aucune différence dans votre ton.
Ne prenez pas un air forcé de solennité ou de tristesse.

Riez comme nous avons toujours ri
des petites plaisanteries que nous aimions ensemble.
Jouez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom reste toujours ce mot familier de la maison
qu’il a toujours été.
Qu’il soit prononcé sans effort,


sans l’ombre même d’une ombre posée sur lui.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est la même qu’elle a toujours été.
Il y a une continuité absolue et ininterrompue.
Qu’est-ce que cette mort, sinon un accident négligeable ?

Pourquoi serais-je absent de vos pensées
parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne fais que vous attendre, pour un temps,
quelque part tout près,
juste au coin du chemin.

Tout est bien.

La mort est un symbole de reliance puissant. Elle nous permet aussi de prendre conscience de la nature particulière du temps. Elle nous invite à ressentir que le temps n’est pas seulement linéaire, et que le mystère de la Vie habite le cœur des êtres humains depuis la nuit des temps.

Dans ce mystère, la recherche de co-naissance m’apparaît comme l’un des chemins les plus évidents à emprunter.

Merci Moon de m’avoir accueilli, aimé, inspiré, et d’avoir rendu possible ce voyage avec le cœur.

On continue le voyage ensemble.

Je t’aime.