L’importance de la confiance est plus que jamais au coeur des crises actuelles

Pouvons nous nous satisfaire d’une société d’apparence et de spectacle ? 

J’ai besoin de prendre la parole pour transformer la colère ressentie. Mon intention est de mettre de la conscience sur une situation qui me fait mal. Cette prise de parole est aussi reliée aux travaux collectifs que nous menons sur la prise en compte de la souffrance au travail et l’importance de l’alignement entre les paroles et les actes. 

Je voudrais interroger les personnes et les organisations qui ont validé de près ou de loin le fait qu’une entreprise comme Mob-ion puisse recevoir le prix Paulownia 2024 du C3D remis lors du Sommet de la transformation durable 2024.

Je souhaite alerter sur ce qui me semble être un  dysfonctionnement profond de la délégation de confiance dans la reproduction d’un dysfonctionnement sociétal. 

Je suis bien placé pour savoir que l’entreprise Mob-ion n’est pas ce qu’elle prétend être. J’alerte sur la non prise en compte du capital humain dans la notion de “pérennité programmée”. Il y a de graves problèmes liés à la gestion du capital humain. Les burn-out, les maltraitances psychologiques, les tentatives de déstabilisations, le harcèlement managérial sont la norme. La situation financière semble être à l’image de cette non prise en compte du capital humain. Le besoin de bien comprendre les flux financiers est important. Qu’en pense le commissaire aux comptes ?

schéma issu du document « Modèle Mob-ion » par Nicolas Befort

La question de l’instruction du dossier de candidature de Mob-ion pose question. Qu’ont fait les membres du jury pour être certain de ne pas participer à une histoire de greenwashing, de socialwashing ?

Alors que la confiance est en crise et qu’elle est si importante dans le besoin d’intelligence collective pour aborder le monde complexe qui se déploie à grande vitesse devant nos yeux. 

L’importance de la confiance est plus que jamais au cœur des crises actuelles. Cette crise de confiance dans le système s’est encore exprimée lors des élections européennes. 

Pour y répondre le besoin d’exigence dans notre façon d’incarner notre volonté de cohérence et d’intégrité est fondamentale. Un besoin d’exigence dans l’alignement des paroles & des actes tout en étant le plus possible dans une approche de bienveillance envers soi & les autres. Nous devons le faire à tous les niveaux: au niveau personnel, au niveau de notre réseau social, de nos organisations, de nos engagements politiques, de nos engagements sociétaux.  Il est temps de souffler sur les apparences pour oser aborder la complexité dans les détails. C’est un chemin de connaissances, de soi, des autres et du monde.

La question de la confiance donnée sans se doter d’un cadre de sécurité et de bonnes pratiques est fondamentale et ce cas montre que le système est faillible. Quand on trouve une faille dans un système, il est important de trouver comment la traiter et de comprendre comment elle a pu se produire et surtout comment elle ne pourra pas se reproduire. Essayer de masquer la faille de sécurité peut mettre en danger le système de façon encore plus grave. Ne pas traiter la faille en profondeur peut avoir des conséquences graves sur la pérennité du système. 

Qui suis-je pour dire cela ? Je suis un ancien ami du dirigeant de Mob-ion. J’ai été salarié de l’entreprise. J’ai fait un burn-out. Je m’en suis relevé et continue le chemin après une plongée en psychiatrie et un infarctus, une période de stress post-traumatique. J’ai décidé de libérer la parole et m’appuie sur de “la démarche #CodeSocial” et la communauté d’intérêt sur la santé mentale que nous avons lancé pour nous relier et agir

En tant que modèle de description et méthode de pilotage, la démarche #CodeSocial est un vecteur d’alignement et d’ajustement entre les intentions et les actions, facilitant un dialogue ouvert et une co-construction entre toutes les parties prenantes. C’est un outil pour documenter, analyser, transformer et mettre en synergie, incarnant une démarche d’apprentissage constant.

J’ai essayé de déployer cette démarche de cohérence dans l’entreprise Mob-ion.

J’ai souffert et beaucoup d’autres ont souffert et ont été trompés par le décalage entre les paroles et les actes. La belle façon de produire du récit en partageant qu’une partie de l’histoire. Je souhaite saisir cette opportunité pour partager ma vision du récit à partir de l’approche narrative. Les idées forces de la démarche narrative sont construites autour de notre représentation de la réalité qui est codée par des récits ou histoires, impliquant des choix narratifs qui, insidieusement,viennent “épaissir” certaines croyances et en disqualifient d’autres.

La démarche #CodeSocial est au cœur du développement d’une mutuelle des connaissances dont le nom est WeMob. La mutuelle regroupe des personnes ayant expérimenté des dysfonctionnements sociétaux qui ont décidé de se relier pour comprendre, se soutenir et agir. WeMob n’a jamais passé commande de 1400 scooters à Mob-ion tel qu’il est encore spécifié sur le site web de l’entreprise Mob-ion. Voici un exemple concret de désinformation qui tend à faire croire à un certain récit.

Nous tenons à mettre en avant la co-responsabilité, la responsabilité ecosystémique dans cette situation. J’ai été écarté dernièrement lors de l’évènement “Faire Autrement” au familistère de Guise (Mob-ion était un des organisateurs) alors que nous avions essayé de construire les conditions d’un dialogue ouvert lors de l’édition de 2022 avec l’expérimentation de l’ #EspritOff. C’est un autre écosystème et pourtant avec la même faille. La faille est si importante qu’elle montre bien qu’elle est le symptôme d’une crise systémique de la confiance et de la production des récits, une crise de la légitimité. 

J’ai mûrement réfléchi avant de prendre la décision d’agir publiquement. J’aurais aussi pu juste envoyer un mail au C3D pour poser des questions sur les conditions d’attribution du prix à Mob-ion mais alors je risquais un enlisement de la situation. J’ai fait un post public en posant des questions. J’ai eu une réponse pour me demander si je voulais avoir accès au règlement du prix Paulownia. J’ai lu le règlement et je n’ai rien vu sur la vérification des données transmises par l’entreprise ni sur la prise en compte du capital humain.

Je me remet en question profondément et c’est une démarche qui demande du temps. Maintenant je participe en conscience à la remise en question du système dans les profondeurs de ses architectures sociétales en prenant en compte le fait que nous soyons des êtres de relation.

Ma motivation et ma détermination sont alimentées par celles et ceux qui n’osent pas prendre la parole car ils ont tourné la page car c’était trop violent.

Je crois profondément à une responsabilité sociétale et partagée. Je souhaite que nous  osions regarder en face le fait que le système nous a toutes et tous fait souffrir et qu’il est temps d’un grand mouvement de résilience incarné. 

Oser parler, oser le chemin de cohérence c’est accepter ses erreurs pour en faire des enseignements et essayer de ne pas recommencer. C’est oser vivre en conscience ses vulnérabilités pour entrevoir sa puissance et arriver à se connecter au vivant et trouver l’inspiration.

C’est le moment d’être exigeant et de comprendre collectivement ce dont cette situation est le nom car la responsabilité est collective.
Serons nous collectivement capables d’entrer en co-naissance dans un nouveau paradigme pour construire un avenir soutenable ? 

à suivre…


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